Isabelle DAUPS

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CRR 93 une aventure humaine

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Enseigner la musique en Seine-Saint-Denis, dans les villes d’Aubervilliers et de La Courneuve est un véritable engagement humaniste et politique. Il s’agit ici, plus qu’ailleurs de créer un environnement d’apprentissage de la musique qui ouvre ses portes à toutes les catégories socio-culturelles du département, accueillant enfants, adolescents et adultes.
 
Pour Isabelle Daups, enseigner la musique par la pratique de la harpe participe à l’éducation de l’être humain bien au-delà de l’apprentissage du seul langage musical. Car cet apprentissage met en lien le corps et le mental tout en développant et en harmonisant la sensibilité et les émotions.
 
Le CRR 93 propose un cursus d’étude en trois cycles précédée d’une année probatoire. Parallèlement à l’apprentissage instrumental, les élèves reçoivent pendant le 1er cycle des cours de Formation Musicale (FM) et de chant choral. L’enseignement de la harpe s’organise en cours individuel ou en groupe pour les débuts de l’apprentissage.
 

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Isabelle Daups offre à tous ses élèves une pratique collective hebdomadaire en plus du cours instrumental comprenant une pratique d’ensemble (du duo au quatuor) et une initiation à l’improvisation. Un Grand Ensemble de harpes dirigé réunit des élèves des 1er et 2e cycles pour des séances régulières toute l’année. Tous les élèves jouent au moins trois fois dans l’année pour les auditions de classe et participent à de nombreux projets interclasses suivant leurs niveaux. Les élèves en 3e cycle spécialisé ont en plus de leur cours instrumental un atelier de déchiffrage et un atelier d’initiation au répertoire d’orchestre.
 
Ils reçoivent par ailleurs des cours de Formation Musicale et de musique de chambre et participent aux sessions de l’Orchestre Symphonique du CRR.
 
Enfin, une partothèque est à la disposition des élèves ainsi qu’un parc instrumental important qui permet la location de harpes celtiques - pour la première année - et de harpes à pédales dès la fin du 1er cycle.

 

 Un enseignement humaniste…

Enseigner en Seine-Saint-Denis est un engagement politique et humaniste. Transmettre l’apprentissage de la musique par la harpe à pédales et son répertoire peut sembler une gageure dans le 93. Le CRR 93 et la classe de harpe accueillent tous les enfants curieux de la musique et de cet instrument qui reste, malgré toutes les images d’Epinal le concernant, un instrument envoûtant et magique. Enseigner la musique classique et la harpe sur ce territoire nécessite encore plus d’attention et d’écoute face à ceux qui s’inscrivent au conservatoire. Et c’est un véritable engagement politique que de donner à tous ces enfants le meilleur d’une formation musicale et instrumentale qui se veut la plus complète possible. L’enjeu est de construire en partenariat avec eux un véritable projet d’apprentissage, afin d’être au plus près de leurs possibilités d’investissement et de leurs capacités techniques et musicales.
 
Au delà du projet artistique se dessine aussi une aventure humaine. L’apprentissage de la musique avec ses principes fondamentaux passe ici par l’instrument harpe. Jouer de la harpe met en résonance le mot « jeu » et le mot « je ». Par l’interprétation d’une œuvre ou l’improvisation, la musique se développe dans le temps et l’espace, elle se fait chair. Elle offre alors une voix au musicien qui s’en saisit et prend la parole. Corps, esprit, sentiments et raison sont mobilisés au service d’un « jeu » et d’un « je » unique et singulier.
 
C’est l’une des richesses de l’enseignement artistique : construire une personnalité et l’aider à trouver une voie(x) qui soit la sienne.

 

 Le goût du son…

L’un des premiers enjeux de l’apprentissage de la harpe, instrument à cordes pincées et résonnant, est la production du son. Découvrir le son, apprendre à l’écouter, à le goûter comme une gourmandise sont les premiers pas de l’apprenti instrumentiste. Pour le jeune harpiste, apprendre à « pincer » la corde et non à la « tirer » est au cœur de la démarche. Cette distinction très subtile est fondamentale pour obtenir un son timbré que l’on pourra sculpter à sa guise en veillant à la prise de corde, à l’articulation du doigt, à la souplesse du poignet et à la posture du corps. Il est déjà question d’écoute et de sensations. Cet apprentissage occupe les premières années dès la classe de probatoire qui précède l’entrée en 1er cycle.
 
Tout au long des études, l’attention portée au son aide à construire une palette sonore riche en timbres et en nuances.

 

 Le corps musical….

La posture corporelle est essentielle dans l’apprentissage instrumental proposé par Isabelle Daups. Sans le corps, l’instrument ne pourrait être ce « passeur » entre la musique et l’apprenti instrumentiste. La relation à l’instrument passe par le corps du musicien qui tel un cavalier avec son cheval doit faire « corps avec sa harpe ». Il doit construire chaque jour ce lien de sensations intimes et profondes dans la confiance, la douceur, le respect et l’infinie patience. Toute brutalité n’apportera que tension, peur et insécurité. La qualité de ce rapport corps/instrument doit permettre à la musique de s’exprimer, simplement, dans une totale liberté.
 
Cette attention portée au corps du musicien participe à l’apprentissage de la détente et développe de meilleures aptitudes pour mobiliser son énergie et canaliser sa concentration.
 
Isabelle Daups intègre à son enseignement des exercices corporels issus du yoga et du Qi Gong. Ces exercices ont pour vocation de permettre une meilleure conscience du corps. Ils aident à lutter contre le stress de la scène et de la prestation publique en concert, en examen et en concours.

 

 Respiration….

Pour Isabelle Daups, faire participer la respiration en conscience dans l’apprentissage instrumental est fondamental. Dans sa posture corporelle avec l’instrument, le jeune harpiste peut, si l’on n’y prend garde, respirer trop haut ou être en apnée. Avoir une respiration abdominale et ne pas entraver la fluidité du souffle par des mâchoires serrées ou des lèvres pincées est donc essentiel. Rester à l’écoute de la respiration pour obtenir un son toujours ouvert et chantant tout en maîtrisant la conduite des phrases et savoir l’utiliser dans l’effort lors de passages techniquement difficiles sont des outils précieux pour le musicien. La relation à l’instrument demeure alors étroite et la pensée musicale peut s’épanouir sans entrave.
 
Isabelle Daups guide ses élèves pour les aider à calmer leur esprit par une attention portée à la respiration afin de les rendre disponibles à l’instant présent à la musique et à leur prestation musicale.

 

 Musicalité….

Le développement de la musicalité commence dès la première leçon. D’abord par l’écoute et la reproduction, puis par l’invention, que ce soit avec la voix chantée ou à l’instrument. La pratique vocale reste au cœur de la pratique. Chanter, écouter et reproduire à la harpe ce que l’on chante permet de développer la conscience du phrasé. Comprendre qu’une phrase musicale est proche de la phrase langagière (avec ses virgules, ses points, ses suspensions, ses nuances dynamiques d’expression, etc.) aide à respirer et à structurer la mélodie. Le caractère d’un morceau et le développement de son discours peuvent être mis en relation avec la prosodie.
 
Par ailleurs, la musicalité se développe avec la conscience du son qui se forme au fil des années par une vraie technique instrumentale au service d’une pensée claire. Cette pensée qui révèle le sens de la phrase, le sens du discours et de l’œuvre dans sa globalité se construit petit à petit avec le développement de l’oreille intérieure, de l’écoute de ce que l’on produit en lien avec ce que l’on veut produire et enfin avec l’élargissement de la culture musicale et une connaissance de l’histoire des Arts.
 
A l’égal de la formation technique liée à l’instrument, Isabelle Daups défend l’idée d’une formation de la musicalité et de son développement selon la personnalité de chaque élève.

 

 Technique…

L’enfant qui débute commence par construire une mécanique des doigts. Il s’agit ici de construire une agilité instrumentale. Elle se fait en parallèle avec une conscience de la prise de corde elle-même en lien avec l’écoute du son produit. Cette mécanique devient une technique instrumentale lorsque la relation entre le son et le mouvement du doigt sur la corde est faite et donc entendue. A partir de ces fondamentaux pourra se développer une véritable technique du son.
 
Cet apprentissage se construit durant toutes les années du cursus instrumental et se poursuivra au delà. Tel un sculpteur, le musicien sculpte la matière sonore et donne forme à ce qu’il veut faire entendre. C’est à ce stade que le son devient l’expression d’un « je » singulier et unique qui engage l’artiste dans ce qu’il est profondément. La vélocité quant à elle puis la virtuosité sont liées étroitement à la pensée musicale qui porte l’élan. La dextérité ne se développe pas seulement par la recherche d’une pure virtuosité mais aussi par ce que l’on veut faire entendre.

 

 Les débuts à l’instrument…

Le CRR 93 propose une année probatoire avant l’entrée en 1er cycle. Cette année d’essai permet une découverte instrumentale ludique et l’apprentissage des éléments fondamentaux du langage musical. L’élève peut à l’issue de cette année se conforter dans son choix ou bien s’apercevoir qu’il s’est trompé d’instrument. Dans la plupart des cas une pédagogie de groupe est proposée à deux ou trois enfants (en raison du nombre de harpes celtiques dont dispose la classe). En fin d’année scolaire les enfants utilisent leurs deux mains et peuvent jouer une chanson avec un accompagnement simple de main gauche. Ils ont tout au long de l’année appris à inventer, reproduire, chanter et jouer des petits exercices et des chansons.
 
En parallèle, les débuts de l’apprentissage des principes fondamentaux du langage musical sont abordés par une pratique active utilisant le chant et la harpe. L’invention reste au cœur de l’apprentissage ainsi qu’une pratique en conscience des principes appris. L’enfant a une connaissance complète de ce qu’il joue : il connaît les paroles, les notes, il sait frapper le rythme, donner la pulsation du tempo choisi, frapper le 1er temps de la mesure qu’il reconnaît, jouer une main gauche en chantant sa main droite de plusieurs façons. Ce mode d’apprentissage sera consolidé dès son entrée en 1er cycle.

 

 Le répertoire…

Dès la troisième année de 1er cycle, le répertoire étudié couvre plusieurs périodes de l’histoire de la musique, utilisant partitions originales, transcriptions, adaptations et arrangements si besoin. La découverte des compositeurs et des époques ainsi que des différents styles musicaux qui s’y rattachent, forment le goût et développent la culture musicale.
 
Au fil des ans, cinq grandes périodes sont abordées : les trois grandes époques Moyen-Age/ Renaissance / Baroque avec des adaptations et des transcriptions, des pièces classiques du répertoire de la harpe à simple mouvement, des œuvres romantiques, le répertoire du début du XXe siècle et enfin le répertoire contemporain de 1960 à nos jours.
 
Le choix des œuvres travaillées dans l’année se fait en fonction du goût et des affinités musicales de l’élève en privilégiant toujours l’équilibre entre ses possibilités expressives et ses réelles capacités techniques. La plupart des élèves, dont la pratique instrumentale est avant tout une pratique amateur, ont plaisir à maîtriser pleinement un morceau. Pour cela, Isabelle Daups veille à un choix d’œuvres permettant au jeune apprenti musicien d’avancer dans la fluidité avec une certaine forme de facilité.
 
Le programme des évaluations illustre cette variété dans le répertoire puisque l’obtention du DEM se fait sur quatre périodes, avec obligation d’une pièce baroque et d’une pièce d’écriture contemporaine.

 

 Musique ancienne…

Isabelle Daups porte un intérêt particulier au répertoire de la période baroque notamment celui qui s’étend de 1700 à 1750. Il semble le mieux adapté à la transcription pour une harpe moderne. Isabelle Daups tend vers une interprétation qui mette en valeur à la fois la harpe et l’œuvre et donc une transcription qui ne nécessite que très peu d’adaptations et s’appuie sur les éditions originales. Elle a développé une technique spécifique pour ce répertoire qu’elle enseigne dès le second cycle, privilégiant d’abord des œuvres simples de G.F. Haendel ou de G.P. Telemann avant d’aborder Bach - père et ses fils - ou D. Scarlatti.

 

 Musique contemporaine…

Isabelle Daups aborde le répertoire contemporain dès la deuxième année du 1er cycle. Elle débute avec l’apprentissage sous forme de jeux et d’inventions des principaux modes de jeux contemporains. Ces modes de jeux sont ensuite confrontés à leurs symboles écrits en lien avec une partition. Dès la troisième année une œuvre contemporaine est étudiée chaque année permettant la familiarisation avec le langage de différents compositeurs comme P. Leroux, M.H. Fournier, E. Lejet, T. Brenet, G. Finzi, G. Schuemacher, R. Campo, B. Cavanna, I. Bellocq, Tôn Thât Tiêt, Y. Taïra, H. Holliger, …
 
Par ailleurs, une pratique régulière de l’improvisation permet aux élèves de s’approprier les différents modes de jeux et de se familiariser avec l’univers atonal. La musique contemporaine est étudiée comme toute autre musique. Elle fait désormais partie du patrimoine musical savant occidental dans lequel la harpe joue un rôle important. Une grande diversité d’œuvres de musique de chambre, en petite et grande formation et d’œuvres orchestrales des XXe et XXIe siècles donnent une place de choix à cet instrument.

 

 Improvisation…

Pour Isabelle Daups la pratique de l’invention puis de l’improvisation sont des outils forts de son enseignement. La pratique de l’improvisation se met en place au cours du 1er cycle sous forme de séance de jeux « question-réponse ». Ces séances s’instaurent pendant le temps de la pratique collective et souvent le temps d’un trimestre. Au départ se met en place un dialogue entre deux partenaires en alternance avec une découverte différente des savoir-faire instrumentaux. Puis il s’agit bien vite de jouer en duo et de mettre en place l’écoute de soi et de l’autre. Interviennent alors les modes de jeux contemporains pour les apprendre et aussi parvenir à les exécuter correctement comme tout autre son produit à la harpe. Peu à peu, du dialogue découle la construction en temps réel d’un moment musical porté par deux personnalités à l’écoute et en écoute.
 
Un enfant qui improvise donne à voir une parfaite cartographie de ses réelles acquisitions : ses capacités et sa maîtrise instrumentale, son développement musical, son aptitude à investir ce qu’il fait musicalement dans l’instant, ainsi que beaucoup d’éléments de sa personnalité. Savoir utiliser ce potentiel dans les différents apprentissages du moment (techniques ou musicaux) permet de le faire considérablement progresser.
 
L’improvisation est un outil de développement de la musicalité car il permet à l’individu d’engager son imaginaire, sa sensibilité et sa personnalité dans un discours musical qui se construit en temps réel et qu’il fait sien. Sans jugement et dans un respect total de ce qui se passe à cet instant présent, l’improvisateur donne à entendre ce qui le définit. Un musicien peut se révéler dans cette expérience, des blocages instrumentaux peuvent être levés, une meilleure compréhension des textes musicaux peut naître, un sens inattendu peut être trouvé à l’apprentissage…

 

 La pratique au quotidien…

Le 1er cycle forme à la pratique quotidienne. Le plaisir de « travailler » son instrument, et de pratiquer la musique chaque jour s’installent petit à petit et surtout s’apprennent.
 
Il arrive en effet que l’enfant éprouve de la difficulté à travailler. Cela ne traduit pas forcément un désintérêt pour son instrument et la musique, mais il doit alors être aidé et soutenu. Pour Isabelle Daups, il y a donc un apprentissage à pratiquer seul et à apprendre à travailler. Créer ce lien intime entre l’instrument et soi prend du temps. Ce temps est nécessaire. Il diffère selon les personnalités.

 

 Cursus au CRR 93…

Le cursus couvre une période d’environ douze ans d’études minimum. Quatre années sont proposées pour les cycles 1 et 2, pouvant être réduites à trois ans ou prolongées à six ans selon les élèves. Un cycle 3 "amateur" - d’une durée de trois ans - est proposé pour l’obtention du Certificat d’Etudes Musicales (CEM). Il peut être réduit à un ou deux ans pour faciliter le passage en 3e cycle spécialisé. Enfin, le cycle 3 "spécialisé" concerne les élèves souhaitant terminer leurs études avec l’obtention du Diplôme d’Etudes Musicales (DEM). L’entrée en CEM et DEM se fait sur concours en octobre. Le site du CRR 93 met en ligne les informations concernant les modalités d’inscription. Enfin, d’autres cycles sont proposés après le 1er cycle ou en cours de 2e cycle pour les élèves déjà inscrits qui ne peuvent plus suivre le cursus traditionnel et qui souhaitent pour différentes raisons orienter différemment leur pratique instrumentale.
 
Si le 1er cycle est le cycle de l’acquisition des bases instrumentales et des bases d’expression musicale, le 2e cycle est quant à lui celui de de l’approfondissement de la technique instrumentale permettant le développement de la musicalité et de l’expressivité. Le 3e cycle "amateur" pour l’obtention du CEM peut s’envisager comme la fin des études. Ce cycle met en place une réelle autonomie en consolidant les acquis du deuxième cycle dans le développement de l’écoute, du goût et des connaissances des styles. Il forme le musicien amateur, mélomane et futur acteur culturel de la cité.
 
Le 3e cycle "spécialisé" est de trois ans minimum pour l’obtention du DEM. C’est un cycle de fin de cursus qui clôt les études au CRR, mais qui peut également aussi s’envisager comme un cycle préprofessionnel dans le cas d’un élève souhaitant poursuivre des études musicales. Il inclut l’obtention de l’Unité de Valeur Instrumentale, l’Unité de Valeur de Formation Musicale, l’Unité de Valeur de Musique de chambre ainsi que la réalisation d’un projet personnel à mener en autonomie durant le cycle.

 

 Pratique collective…

Dès la première année du cycle, après l’année de probatoire, et dans la mesure des possibilités d’emploi du temps des élèves, chacun participe à une pratique collective. Du duo au quatuor, les enfants font de la musique d’ensemble. C’est le lieu privilégié, différent du cours individuel, pour mettre en place une écoute de soi et de l’autre. Parvenir à suivre son partenaire tout en interprétant sa partie nécessite un apprentissage de plusieurs années. Il en est de même pour suivre sa propre ligne musicale et celle de son partenaire.
 
La pratique d’ensemble développe une meilleure attention à ce que l’on fait, seul et en groupe, et participe à l’intégration des éléments fondamentaux du langage musical. C’est aussi dans ce temps de travail de groupe que peuvent être pratiqués la Formation Musicale appliquée à l’instrument, l’improvisation, la découverte des modes de jeux contemporains ou de l’histoire de son instrument, ou encore un nouvel apprentissage technique que l’on peut partager par le jeu … Ce temps, ensemble, crée des complicités qui donnent à l’ensemble de la classe un véritable « esprit de classe ».

 

 L’orchestre de harpes…

Créé en 2014, ce Grand Ensemble de harpes que les élèves d’Isabelle Daups aiment appeler « orchestre » est un ensemble réunissant le nombre de harpes disponibles chaque année, après la location. Il varie entre six et huit harpes (harpes celtiques et harpes à pédales confondues). Un répertoire se construit au fil des ans. Les partitions (arrangements, adaptations ou compositions) tiennent compte du niveau de chaque élève. Les occasions de se produire sont nombreuses : auditions de classes, concerts des cordes, auditions multi-instruments, manifestations particulières comme la Fête de la Musique…
 
L’idée première était de permettre aux élèves de se familiariser avec l’ensemble dirigé afin de les motiver pour se rendre aux sessions d’orchestre à cordes et à vents pour les 1er et 2e cycles. Mais l’expérience prouve que cet ensemble peut être aussi un lieu de pratique amateur où l’écoute et l’autonomie se développent et où tous les élèves se retrouvent pour un moment musical.

 

 Prestation des élèves…

La classe de harpe du CRR 93 offre plusieurs possibilités de prestations publiques aux élèves : trois auditions de classe, une audition du département cordes pincées en collaboration avec les classes de guitare et de clavecin, les auditions Tutti Frutti qui réunissent tous les instruments, les concerts hors les murs dans des lieux culturels des villes d’Aubervilliers et de la Courneuve et parfois aussi dans d’autres villes de Seine-Saint-Denis ou à Paris intra muros. Par ailleurs, les projets transversaux qui réunissent des classes de différents départements permettent à certains élèves de la classe de participer à de nouvelles expériences artistiques.
 
Tous les élèves jouent donc très régulièrement en public et prennent l’habitude de donner des prestations de qualité où le plaisir du partage est mis en avant. Monter sur scène doit être un plaisir et monter sur scène en étant prêt s’apprend aussi. Pour les plus grands qui peuvent être confrontés au stress, Isabelle Daups leur enseigne la confiance : confiance dans ce qui a été travaillé et qui est là, confiance dans l’instant à venir qui ne peut être entièrement maîtrisé mais avec lequel il faudra vivre dans la mobilité et l’accueil. Apprendre à mobiliser son énergie pour le moment du partage, garder l’envie de jouer, savoir se concentrer et se recentrer, utiliser ce qui se présente pour en faire le meilleur…
 
Tout ce qui est nécessaire à une bonne exécution doit être mis en place en amont pour que ce moment tant attendu mais parfois redouté se passe le mieux possible. Ne pas être dans le jugement enfin, quand tout est fini, mais apprendre à accepter ce qui est, simplement. Il faut alors se tourner vers l’avenir pour récolter de cette expérience le bon et le moins bon afin de progresser.

 

 Evaluation…

L’évaluation se fait en deux étapes. D’abord par le contrôle continu puis en fin de cycle. Le contrôle continu est effectué tout au long du cycle avec deux rendez-vous de concertation par an entre l’élève, les parents et le professeur. Sont évalués par semestre les aspects techniques et musicaux de la pratique instrumentale et collective mais aussi l’investissement de l’élève, sa motivation, sa participation, sa créativité et la qualité de ses prestations publiques. A la fin de chaque cycle un examen valide le passage de cycle.
 
Pour les 1ers et 2e cycles, Isabelle Daups envisage l’évaluation de l’examen de fin de cycle comme une validation des acquis. L’examen de fin de cycle se déroule devant un jury extérieur et permet ainsi de mettre en perspective le contrôle continu et la prestation du moment. Pour Isabelle Daups il ne doit pas y avoir de grande différence entre le contrôle continu et l’évaluation de fin de cycle : un élève présenté en fin de cycle a acquis les objectifs de fin du cycle. Si ce n’est pas le cas, il poursuit dans le cycle ou est réorienté.
 
La concertation avec l’élève concernant son projet au sein de la classe de harpe tout au long du cursus permet de rester en accord avec ce qu’il souhaite vivre : un cursus complet, un cursus allégé, une réorientation…tout est possible.
 
L’évaluation n’est pas un couperet qui tombe. Isabelle Daups la considère comme formatrice et constructrice.

 

 Une partothèque importante…

Isabelle Daups met à la disposition de ses élèves une vaste partothèque avec l’essentiel des méthodes, études et morceaux des trois cycles d’études. Elle enrichit chaque année cette partothèque, notamment en la complétant par les nouvelles pièces pédagogiques du répertoire contemporain, ainsi que par des pièces ayant trait à la pratique d’ensemble. Elle reste très attachée aux éditions originales en ce qui concerne la musique ancienne, transmettant à ses élèves le respect d’une adaptation instrumentale « au plus près du texte ».

 

 Un parc instrumental conséquent …

Depuis la nomination d’Isabelle Daups en 2002, le nombre d’instruments acquis au fil des ans a considérablement augmenté. En 2016, on ne compte pas moins de quinze instruments à la classe : harpes celtiques, harpes à simple mouvement, harpes à pédales 40, 46, 47 cordes, deux harpes de concert Salvi et Camac.
 
La moitié des instruments sont loués par le conservatoire à l’année aux élèves harpistes afin de permettre à chacun de passer de la harpe celtique à la harpe à pédales dès la fin du 1er cycle. Un travail particulier et très soigné porte sur l’apprentissage du pédalier dès le début du 2e cycle car la classe de harpe du CRR 93 est une classe d’apprentissage de la harpe à pédales. Si les débuts de l’apprentissage se font sur une harpe celtique, la technique enseignée et le répertoire abordé sont ceux de la harpe à pédales.